L’été à Paris: chaleur et bonne humeur

Un coup d’oeil sur la page Facebook de la Bibliothèque Couronnes m’a fait enfiler mes sandales en vitesse pour ne rien rater du concert « Carte Blanche » de Milk, Coffee and Sugar. Plus de deux heures de hip-hop tantôt lyrique, tantôt hargneux, valaient bien le déplacement!

L’été à Paris, la chaleur s’enlise sous les toits en zinc. On étouffe dans les chambres de bonne, mais les touristes aux terrasses des cafés ne s’en laissent pas conter. Heureusement, c’est aussi le temps des fontaines et des après-midis qui s’éternisent sur les pelouses.

Cette année, le Parc de la Vilette s’est fendu d’un programme à vous passer l’envie de partir en vacances: cinéma en plein air, concerts gratuits, cours de tango, ateliers de cuisine (payants)…De l’Italie à l’Argentine en passant par le Viêt-nam et l’Inde, les artistes du monde entier débarquent à la porte de Pantin.

Parc de la Vilette, Paris.

Parc de la Vilette, Paris.

Le groupe « Milk, Coffee and Sugar » était hier soir à l’honneur à la Prairie du Cercle sud. Les rappeurs au verbe délié étaient venus accompagnés de nombreux autres artistes qui se sont relayés tout au long de la soirée pour des sessions de freestyle et des morceaux collaboratifs inédits, tous plus bourrés d’énergie les uns que les autres.

La chaleur n’a pas empêché la foule de sautiller; même les petits perchés sur les épaules de leurs parents battaient le rythme, bras levé! Comme dit @clemence_martz, c’est ça #milkcoffeesugar!

J’avoue sans rougir que certains textes d’Edgar Sekloka m’ont irradiée de la tête aux pieds au point de ne plus sentir que les mots me traverser le corps. Gaël Faye, dont j’avais d’abord découvert l’album solo Pili pili sur un croissant au beurre, n’est pas non plus étranger à l’émotion que j’ai éprouvée tout au long du concert. Récit saccadé de révolte et de douceur, sa poésie ne fait pas qu’effleurer, elle fait mouche.

Guitare rouge en bandoulière, l’inclassable Mélissa Laveaux était aussi au rendez-vous pour un trio jazzy à souhait. Inclassable, dis-je, et inoubliable grâce à une voix ambrée qui donne l’impression de planer au milieu des nuages.

L’autre rencontre magnifique, longuement ovationnée par le public, fut celle de « Milk, coffee and sugar » et des vocalistes de Ommm. Je vous laisse savourer par vous-même sur cette interprétation de What a wonderful world (un titre de Bob Thiele et George David Weiss, mis en vidéo par Gregory Pierre):

Malgré l’absence de Féfé (@fefeoff), le public du grand Paris et du petit Paname est reparti enchanté après plus de deux heures à vibrer à l’unisson. Rien de tel qu’une rame de métro gorgée de bonne humeur pour conclure cette belle soirée d’été à Paris…

A quand la prochaine « Carte Blanche »? En attendant, « on danse le calypso » 😉


Crédits photo: AttributionNoncommercialNo Derivative Works Nacho Rascon

L’arôme du café dans un écrin de style: le Loustic.

Il en faut parfois peu pour éclairer une journée un peu maussade, plombée par un ciel gris infini : le sourire d’une inconnue, un détour par la bibliothèque ou rien que l’odeur du café qui se faufile dans le couloir. Une heure au café du coin peut aussi faire l’affaire…

Les jours de grisaille, comme les jours baignés de soleil, je prends refuge au Loustic, dans le troisième arrondissement de Paris. C’est un café de quartier comme je les aime, cosy et plein de petites douceurs qui font chanter les papilles, à commencer par les cookies.

Moi qui me prenais pour une fana de café, je me suis ravisée en rencontrant Channa, le barrista qui infuse le Loustic de sa passion. Quand il me présente le café du mois, c’est toujours avec des étincelles dans les yeux, et sur les lèvres des métaphores qui font surgir les collines du Burundi au cœur de la rue Chapon!

loustic

Ce qui m’avait attirée la première fois, c’était l’enseigne lumineuse façon Broadway, complètement décalée et tellement charmante. J’avais deux heures à tuer avant une conference dans le quartier et je cherchais un endroit où m’asseoir au chaud pour lire.

Je voyais par la vitre un décor rétro aux formes géométriques, des sièges en osier et un micro hors d’âge. Cela m’a fait sourire alors j’ai poussé la porte et mon sourire a rencontré d’autres sourires.

J’ai posé mon livre sans l’ouvrir à côté de mon espresso. Je venais de trouver la parfaite extension à ma chambre de bonne: un salon vibrant de conversations où le café coule à flots et la vie semble gorgée de bienveillance. Aucun loustic en vue, à mon grand soulagement.

Pratique :

Le Loustic,

40 rue Chapon

Paris 3ème

Métro Rambuteau (ligne 11), Arts et Métiers (ligne 3)

Espresso : 2 euros / 2,5 euros (pour l’espresso du mois)

Formule déjeuner : 10 euros

Quiche : 6 euros

Wifi gratuit. CB acceptée


Photo de Channa G.

Le Miyanis, un bout d’Algérie à Paris

Ce restaurant m’a charmée par son cadre familial et ses spécialités algériennes authentiques à prix très doux. Je sais maintenant où aller si j’ai une soudaine envie de chorba ou de couscous: direction Ménilmontant!

Le coin pâtisserie

Le coin pâtisserie

Un soir, mon beau-frère a voulu me faire découvrir la cuisine de son pays, l’Algérie. J’avais déjà goûté à son couscous fait maison et à la fameuse galette kabyle dont je n’ai jamais réussi à prononcer le nom – sans parler de le retenir – mais cette fois, c’était du sérieux : une sortie spéciale cuisine algérienne, rien que pour le plaisir des sens.

Arrivés au 132 boulevard Ménilmontant, on croise en terrasse des groupes d’hommes qui ont l’air d’être des habitués de la maison, bien calés sur leurs sièges face à la rue. Ils nous regardent avec l’indulgence de ceux qui savent ce qui vous attend à l’intérieur.

Le décor aux tons chauds gagnerait à être un peu rafraîchi mais on s’y sent bien, comme si les défauts faisaient partie de l’atmosphère bon enfant. Derrière le bar, le patron nous accueille avec un sourire lumineux.

Difficile de choisir entre le couscous, les brochettes, les tajines, les chorbas … je me décide finalement pour une chorba bourek, après avoir lorgné dans l’assiette de mon voisin. Cette soupe traditionnelle à base de viande, de pois chiches et de pommes de terre figure dans les entrées mais, ne vous y trompez pas, elle peut aisément faire l’affaire pour un dîner, surtout accompagnée des deux boureks. C’est un des plats incontournables sur une table de Ramadan.

Boureks. Photo de samisabi sur Flickr, sous licence CC 2.0

Boureks. Photo de samisabi sur Flickr, sous licence CC BY 2.0

Si j’ai apprécié la chorba, épicée à souhait, le détour par le coin pâtisserie m’a vraiment fait tourner la tête ! Une vraie caverne aux trésors toute de miel et de cannelle. On termine par un thé à la menthe, comme il se doit.

En résumé… Le Miyanis est un restaurant simple et chaleureux, idéal pour une soirée conviviale en famille ou entre amis autour d’un bon plat algérien et d’un thé à la menthe.

Mon conseil

Réservez une place pour le dessert pour ne rien manquer des pâtisseries. Autre possibilité : se concocter une boîte à emporter pour déguster plus tard, quand le couscous ne sera plus qu’un bon souvenir.

Pratique

132 bd Ménilmontant

Paris 20ème

Tél: 01 47 97 04 99

Ouvert tous les jours de 11h30 à 23h30

Menu en ligne

L’Ille-et-Vilaine expérimente sa monnaie complémentaire, le Galléco

Je compte me rendre à une projection-débat sur le thème des monnaies complémentaires à Rennes. Si cela vous intéresse aussi, rendez-vous mardi 22 janvier à partir de 12h15 à l’auditorium des Archives Départementales d’Ille-et-Vilaine.

Un Sol Violette

Un Sol Violette

Le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine se lance dans l’aventure des monnaies complémentaires avec le Galléco. En phase d’expérimentation cette année, le projet devrait s’étendre à l’ensemble du département dès 2014.

Trop compliqué, pas suffisamment ancré dans les besoins des habitants : en 2006, le Sol n’avait pas réussi à s’implanter à Rennes. Et c’est pourtant en s’inspirant d’un modèle similaire, le Sol Violette de Toulouse cette fois, que le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine a décidé de remettre la monnaie complémentaire départementale au goût du jour.

A la charnière de l’esprit gallo et de l’écologie

Le Galléco, dont le nom a été adopté en juillet 2012 suite à une concertation citoyenne, se veut un moyen d’échanger autrement en Ille-et-Vilaine. Dès la phase de conception du projet en 2012, l’esprit de collaboration a été mis en avant pour éviter les écueils du Sol et élaborer une monnaie locale répondant aux préoccupations des parties prenantes, que ce soit les citoyens, les entreprises ou les associations.

L’objectif est de favoriser une réappropriation démocratique de la monnaie par les citoyens sous la forme d’échanges locaux, en particulier au sein d’établissements répondant à certains critères de responsabilité sociale et environnementale. Dynamiser les échanges sur la base de valeurs communes tout en créant un lien social autour du Galléco, telle est l’ambition du Conseil Général, sous la houlette de l’élu socialiste Jean-Yves Praud.

Galop d’essai

Rennes centre, Fougères et Redon sont les trois territoires pilotes choisis pour le lancement partiel du Galléco avant l’introduction progressive de cette monnaie sur l’ensemble du département dès 2014.

Quatre banques partenaires, le Crédit Coopératif, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et la Caisse d’Epargne, assureront la distribution de Gallécos contre des euros dans certaines de leurs agences. Les prestataires souhaitant s’intégrer au réseau d’échanges en Galléco devront quant à eux respecter un cahier des charges portant sur l’éthique de leurs pratiques.

En octobre dernier, les visiteurs du salon Ille-et-Bio de Guichen (35) avaient testé le système en avant-première en échangeant quelques euros contre des billets à utiliser à la buvette.

Ce fut l’occasion de faire connaître le projet auprès d’un public déjà sensibilisé à l’économie sociale et solidaire, qui devrait constituer un vivier important d’usagers pour le galléco. C’est le cas de @nessyduloch sur Twitter, qui a mis en ligne une photo de son café acheté en monnaie locale !

On en discute !

Projection-débat autour du film documentaire « Sol Violette, l’éclosion d’une monnaie« . Mardi 22 janvier à partir de12h15 à l’auditorium des Archives départementales.

Réunion le jeudi 24 janvier à partir de18h30 au Centre culturel Les Urbanistes.


Crédit photo : Christophe Ducamp sous licence CC BY-NC-SA 2.0.

Article également publié sur Agoravox.