L’arôme du café dans un écrin de style: le Loustic.

Il en faut parfois peu pour éclairer une journée un peu maussade, plombée par un ciel gris infini : le sourire d’une inconnue, un détour par la bibliothèque ou rien que l’odeur du café qui se faufile dans le couloir. Une heure au café du coin peut aussi faire l’affaire…

Les jours de grisaille, comme les jours baignés de soleil, je prends refuge au Loustic, dans le troisième arrondissement de Paris. C’est un café de quartier comme je les aime, cosy et plein de petites douceurs qui font chanter les papilles, à commencer par les cookies.

Moi qui me prenais pour une fana de café, je me suis ravisée en rencontrant Channa, le barrista qui infuse le Loustic de sa passion. Quand il me présente le café du mois, c’est toujours avec des étincelles dans les yeux, et sur les lèvres des métaphores qui font surgir les collines du Burundi au cœur de la rue Chapon!

loustic

Ce qui m’avait attirée la première fois, c’était l’enseigne lumineuse façon Broadway, complètement décalée et tellement charmante. J’avais deux heures à tuer avant une conference dans le quartier et je cherchais un endroit où m’asseoir au chaud pour lire.

Je voyais par la vitre un décor rétro aux formes géométriques, des sièges en osier et un micro hors d’âge. Cela m’a fait sourire alors j’ai poussé la porte et mon sourire a rencontré d’autres sourires.

J’ai posé mon livre sans l’ouvrir à côté de mon espresso. Je venais de trouver la parfaite extension à ma chambre de bonne: un salon vibrant de conversations où le café coule à flots et la vie semble gorgée de bienveillance. Aucun loustic en vue, à mon grand soulagement.

Pratique :

Le Loustic,

40 rue Chapon

Paris 3ème

Métro Rambuteau (ligne 11), Arts et Métiers (ligne 3)

Espresso : 2 euros / 2,5 euros (pour l’espresso du mois)

Formule déjeuner : 10 euros

Quiche : 6 euros

Wifi gratuit. CB acceptée


Photo de Channa G.

Un petit tour et puis reviens…

Le scénario commence à se préciser : début mai, c’est la date officielle de mon retour aux pénates, au bercail, au pays, en France quoi.

Avant un long voyage, je fais souvent une liste des choses à faire en préparation du départ. C’est un peu pareil maintenant, sauf que la destination est familière.

Ma première grande angoisse était de trouver un nid pour y poser mon sac à dos et mes folles ambitions. C’est maintenant chose faite et un peu de pression s’est envolée.

Je me suis dégoté une chambre de bonne qui, bonheur suprême, se trouve en face d’une grande bibliothèque publique. Je sais que je vais devoir gravir chaque jour des escaliers en colimaçon et partager les chiottes avec des voisins plus ou moins grincheux mais je suis sur un petit nuage.

Les mansardes, les entresols et les gargotes parisiennes me font penser aux poètes qui jadis traînaient leurs savates élimées dans ces mêmes escaliers et composaient avec une maigre soupe dans le ventre, fidèles à leur art malgré la misère. Les toits de Paris sont pour moi hantés par les géants illustres et inconnus.

Je rêve d’écouter du tango, de danser sur la pointe des pieds et de m’écrouler ivre sur le petit clic-clac, les yeux fluorescents.

Je rêve d’écrire au petit matin avec une tasse de café amer fumant à mes côtés.

Je rêve de faire d’interminables promenades à pied dans Paris. J’aurai le nez en l’air et le cou tordu à force d’observer les immeubles. Je rencontrerai peut-être sur mon chemin des crottes de chien. Qu’importe!

Je rêve de passer des heures feutrées entre un livre et un carnet de notes. J’aurai mal à la tête mais je serai comblée.

Mon Paris, je veux l’imaginer comme une vieille amie qu’on retrouve après des années, changée mais toujours aussi belle et volubile.

« Je vous encaisse… »

CIMG1072

Je ne crois pas être une puriste de la langue française. Enfin, je me soigne, quoi.

Il en faut beaucoup pour me hérisser le poil mais vraiment très peu pour me faire sourire. Alors, quand un garçon de café me dit sans ciller qu’il veut « m’encaisser », ça gigote dans ma tête.

La première fois que j’ai entendu cette expression après bien longtemps, j’ai dû regarder le pauvre serveur incrédule pendant plusieurs secondes avant de sortir mon porte-monnaie. J’ai failli glousser. D’accord, je n’ai pas seulement failli glousser. Si l’on pouvait glousser sous cape, je vous assure que je l’aurais fait. La prochaine fois, je ne manquerai pas d’y penser.

« Je vais vous encaisser », me dit-on. Et de m’imaginer me contorsionner pour entrer dans le tiroir-caisse. Une autre scène me voit couverte d’un cageot, littéralement encaissée.

😀